Introduction
Nous allons évoquer ici une méthode de traitement d'une ruche atteinte de Loque Américaine.
Il s'agit d'une manipulation zootechnique concernant une ruche mais qui doit être comprise (au sens incluse mais aussi au sens propre du verbe comprendre) dans un ensemble de bonnes manoeuvres apicoles qui permettent de lutter contre cette maladie au niveau du rucher. Le but de cette manipulation apicole est de "soigner une ruche qui en vaut la peine".
Deux particularités caractérisent le traitement de la Loque Américaine (LA) en France:
1. Il n'est pas obligatoire de détruire les colonies atteintes (sauf cas exceptionnel).
2. Il est interdit d'utiliser (donc de prescrire en tant que vétérinaire) des antibiotiques contre Paenibacillus larvae, l'agent de cette pathologie.
Il y a deux raisons pour cela;
- d'une part, il n'y a pas d'antibiotique ayant une AMM "abeilles",
- d'autre part et surtout, aucune substance antibiotique n'a obtenu de LMR (limite maximale de résidus) pour les produits de la ruche.
En conséquence, si l'on veut soigner une colonie atteinte, seules des mesures de technique apicole peuvent être mises en place.
Nous allons évoquer ici la technique du transvasement simple.
But
Le but est de guérir une colonie forte (qui en vaut la peine) atteinte de Loque Américaine en la réduisant à l'état d'essaim.
"Principe" physiologique
Les abeilles dans la colonie ainsi réduite à l'état d'essaim auront le temps de se débarrasser des spores de LA. N'ayant plus de couvain ni de réserves, elles vont se concentrer entre autre, sur l'activité "nettoyage". Les spores de LA présentes sur la cuticule sont ingérées lors du nettoyage, puis dans le jabot elles sont transférées à travers le proventricule. Puis elles sont soit détruites par le suc digestif ou bien acheminées vers l'ampoule rectale. Elles seront éliminée par défécation pendant les vols de propreté hors de la ruche. Ainsi toutes les spores seront éliminées avant que le couvain ne réapparaisse dans la colonie.
Mise en oeuvre
Il est nécessaire de choisir de transvaser les colonies qui "en valent la peine". En effet c'est une technique qui demande tu temps, du matériel...
De plus, si les colonies sont trop affaiblies par la LA, il n'y a plus assez d'abeilles jeunes. Donc la colonie ne repartira probablement pas.
Avant tout, il faut prévoir le matériel nécessaire:papier, grand sac poubelle (pour y mettre le matériel contaminé et le papier avant destruction), sirop...
Cette technique doit être réalisée à une heure d'activité des abeilles. Ainsi, elles rentreront plus aisément dans leur nouvelle ruche.
Dans cette nouvelle ruche avec cadres, il ne doit y avoir ni couvain, ni miel. La colonie sera nourrie à minima (1/2 à 1 litre de sirop) afin que les abeilles ne puissent pas créer de provisions (qu'elles feraient si le nourrissement était abondant) et ainsi stocker des spores de loque américaine.
Les phases du transvasement simple:
1. Déplacer la ruche malade face à son emplacement d'origine de 1 mètre.
2. Disposer la ruche vide, désinfectée, avec ses cadres, à la place de la ruche malade.
3. Etendre un grand papier entre la ruche malade et la nouvelle ruche.
4. Repérer la Reine et la faire rentrer dans la nouvelle ruche.
5. Secouer les cadres un à un et les diverses parties malades sur le papier. Les abeilles rejoignent la nouvelle ruche.
Les cadres sont alors mis dans le sac poubelle et le papier aussi lorsque le transvasement est terminé).
6. La ruche atteinte est fermée avant sa désinfection.
7. Le sac poubelle est brûlé en faisant attention à ne pas déclencher un incendie. Les cendres dont enfouies.
8. Après le transvasement, il ne faut pas ajouter de cadre de couvain dans la ruche transvasée, même venant d'une ruche saine, cela permettrait le redémarrage immédiat de la maladie, les abeilles n'étant pas débarrassées de toutes les spores.
Causes d'échec possible
-Présence de couvain.
-Période de miellée. Dans le cas d'une forte miellée, il vaut mieux attendre un peu
-Colonie trop faible.
Conclusion
Cette méthode concerne une ruche. Cependant la gestion de la Loque Américaine se fait non au niveau d'une ruche mais au niveau du rucher par toutes le mesures zootechniques qui permettront de prévenir la pathologie, de limiter le taux d'infection voire de le faire baisser.
Les ruches malades cliniquement ne sont pas les seules qu'il faut prendre en compte.
(Source: Jean-Marie Barbançon)
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