Elle sévit aux USA sous forme d'épizootie depuis les années 1980; en Europe, il semblerait que les abeilles et Acarapis woodi aient trouvé une sorte de terrain d'entente... Cependant, comme l'acariose des trachées peut être responsable de graves affaiblissement de colonies, il m'a semblé raisonnable d'en parler ici. Définition L’acariose des trachées est une maladie parasitaire interne et contagieuse de l’abeille adulte Apis mellifera L. due à un acarien, Acarapis woodi qui se localise dans les trachées de l’abeille. Ce parasite peut toucher les trois castes d’abeilles adulte : reines, ouvrières, faux-bourdons. Cette maladie est plus présente dans les zones d’hivernage long (montagne, régions froides et humides). L’acariose des trachées n’est plus une MRC. Elle a été constatée pour la première fois sur l’île de Wight au début du 20ème siècle, est à l’origine de la création de la Buckfast. Elle touche les USA depuis les années 1980 sous forme d’épizootie. En Europe, les cas sont devenus plus rares, la maladie est devenue enzootique. Certains considèrent qu’un équilibre s’est créé entre les abeilles et ce parasite. La propagation de la maladie est favorisée par la dérive, le pillage, les abeilles malades qui se trompent de colonies, l’essaimage (favorisé par la maladie) et par le transhumance. L’agent causal Acarapis woodi est un parasite spécifique de l’abeille Apis mellifera L. Il vit dans les trachées des abeilles adultes des trois castes et ne sort à l’extérieur que pour infester de nouvelles abeilles. Il se nourrit de l’hémolymphe en perforant la paroi trachéale. Le cycle du parasite (12 à 15 jours) est simple et se déroule à l’intérieur des trachées : l’œuf se transforme en larve puis en nymphe et donne des mâles en 11 à 12 jours et des femelles en 13 à 16 jours. Ce sont les femelles fécondées, très agiles, qui permettent la propagation, préférentiellement aux ouvrières de moins de trois jours, la nuit, en pénétrant par les stigmates des premières paires de trachées. Elles sont peu prolifiques (pondent 6 à 7 œufs). Chez les abeilles d’été, qui ont une durée de vie de 6 semaines, un seul cycle du parasite a généralement lieu. Chez les abeilles d’hiver, de nombreux cycles sont possibles, ce qui rend la maladie plus grave car l’infestation sera plus massive. Dans le milieu extérieur, Acarapis woodi ne survit que quelques heures, dans les cadavres d’abeilles, deux à trois jours. Pathogénie Acarapis woodi exerce, sur l’abeille, un parasitisme qui se manifeste par : - une action spoliatrice, par l’hémolymphe pompée, - une action vectrice, par l’inoculation de germes et notamment de virus comme par exemple l’APV (Acute Paralysis Virus), voire de bactéries. Ces virus peuvent toucher à la fois le couvain et les adultes ce qui les rend d’autant plus dangereux. - une action traumatique en particulier par obstruction des trachées, cause d’asphyxie, la plus pénalisante pour l’abeille (ponte, écoulement de l’hémolymphe qui coagule dans les trachées et forment des coagulums obstructifs, accumulation d’excréments, mues, cadavres,…). Ils provoquent des lésions des articulations des ailes, en piquant à la base des ailes, empêchant le vol. La fin, le froid et l ‘asphyxie sont responsables de la mort des abeilles soit dans la ruche, soit à l’extérieur lorsqu’elles ne peuvent rentrer à la ruche. Symptômes Ils apparaissent en fin d’hivernage généralement et au printemps. De rares cas sont diagnostiqués en automne. Au niveau du rucher, devant les ruches : - Présence de cadavres - Abeilles trainantes, avec un abdomen parfois gonflé, incapables de voler. - Abeilles avec des ailes asymétriques et/ou en position anormales. - Abeilles saines avec ailes écartées, qu’elles ne peuvent ramener en position normale au toucher. - Traces de diarrhées, ce qui peut être en relation avec une pathologie associée, opportuniste comme la nosémose. Au niveau de la colonie : - Dépopulation voire mortalité de la colonie dans les cas les plus graves, - La colonie peut être atteinte « sans symptômes » à son niveau. On parle de forme latente. Diagnostic Clinique : Au niveau clinique, le diagnostic ne peut être de certitude, mais de suspicion. Les symptômes ne sont pas spécifiques de cette maladie. La suspicion se fait sur les ailes asymétriques, ou qui semblent désarticulées, les abeilles trainantes, parfois à l’abdomen gonflé… Laboratoire : Il est nécessaire d’avoir recourt au laboratoire pour avoir un diagnostic de certitude. Il faut prélever une trentaine d’abeilles vivantes et trainantes. Au niveau du laboratoire, on observe au microscope les trachées du quart antérieur du thorax, où l’on met en évidence la présence d’Acarapis woodi en cas d’atteinte. Diagnostic différentiel Avec les autres maladies causant des troubles du vol et provoquant une déformation des ailes… et les maladies causées par les acariens : Varroa destructor, Tropilaelaps clareae… PRONOSTIC Le pronostic est généralement grave au niveau de l’abeille et de la colonie. Il est plus sombre à l’automne où sont formées les abeilles d’hiver qu’au printemps. On considère que l’acariose des trachées cause des pertes économiques graves lorsque 25 à 30% des abeilles sont atteintes. TRAITEMENT Aucun traitement n’a d’AMM en France. Si un traitement est nécessaire, il ne peut être prescrit que par un vétérinaire après diagnostic clinique et de laboratoire, selon la législation sur le médicament vétérinaire et sous sa responsabilité. La suite sur ApivetPro...
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