On appelle ainsi les principales étapes qui déterminent le développement de la colonie (récoltes et ponte de la reine). Ce cycle dépend intimement des saisons, de l’environnement floral et agricole. La base de l’alimentation de la colonie étant le pollen et le nectar, il est donc principalement lié à la quantité et la qualité de la flore mellifère. On comprend là l’importance de la gestion florale et de l’usage des pesticides en agriculture (herbicides pour les fleurs, insecticides pour les abeilles).
Ce cycle est « parallèle »
à l’activité reproductrice de la reine et à la présence de couvain. Selon la saison, on distingue
les abeilles (ouvrières) d’été et
les abeilles (ouvrières) d’hiver.
Les premières naissent au printemps et en été, participent au développement de
la colonie et à la préparation au passage de l’hiver (récolte et stockage des
réserves). Leur espérance de vie est de 5 à 6 semaines en moyenne. Les secondes
naissent en fin d’été, à l’automne ou en début d’hiver et permettent la survie
de la colonie. Leur espérance de vie peut être de six mois.
Selon les souches d’abeilles, la
géographie, le climat, les cycles seront différents. En France, le cycle est en
général à deux pics.
Prenons l’exemple d’une colonie du
sud de la France :
-
Après l’hivernage,
en janvier, la colonie commence à se développer avec la reprise de la ponte,
-
La colonie se
développe vers son pic de population d’ouvrières (abeilles d’été) au mois de juin. La reine peut alors pondre jusqu’à
2000 œufs par jour.
-
Fin juillet,
début août, la population commence à décroitre en même temps que la floraison,
-
Fin août,
début septembre, on constate une reprise de ponte liée par exemple à la
floraison du lierre qui va permettre la mise en route du couvain d’abeilles d’hiver.
La population de la colonie
d’abeille est donc caractérisée au printemps par une explosion démographique. A
l’automne, la population a régressé et la naissance d’abeilles d’hiver,
« de qualité » ayant des particularités physiologiques (corps gras,
zones de réserve, bien constitués) permettront à la colonie de passer l’hiver.
Facteurs
pouvant influer sur le cycle
De nombreux facteurs peuvent
influencer le cycle de la colonie d’abeille.
La localisation géographique : selon l’altitude ou la latitude les cycles seront
différents (cf. schéma 2).
La génétique : les abeilles se sont adaptées à leur
environnement local. Certaines souches sont devenues liées à l’évolution floral
et climatique de leur biotope comme par exemple l’abeille landaise dont le
cycle est callé sur la floraison de la bruyère callune.
Le rythme des saisons
L’hiver est la saison du
« repos » de la colonie avant la reprise de la ponte. Cette période est différente
selon les régions. Ainsi dans le pourtour méditerranéen, l’inactivité sera de
quelques semaines à la différence de zones plus froides (altitude). Pratiquement, l’hivernage avec arrêt de
ponte est important dans la lutte contre Varroa destructor.
La fin de l’hiver est une période
critique du fait de la reprise de la ponte de la reine, la présence d’une quantité
limitée d’abeilles d’hiver. Les risques de modifications climatiques (gelées
tardives, précipitations abondantes…) peuvent entrainer la diminution délicate
des réserves de la colonie qui peut alors mourir de famine. Pratiquement, le rôle de l’apiculteur sera
de veiller à ce que le niveau des réserves soit suffisant et devra, si
nécessaire, apporter un supplément nutritionnel (nourrissement).
Au printemps, l’importance de la
ponte liée à une flore mellifère en pleine explosion peut permettre à la
colonie d’atteindre son effectif maximal au mois de juin. Le principal risque
est alors l’essaimage (manque de place dans la ruche, miellée abondante, reine
âgée). Il est à noter que lorsque l’essaimage se prépare on constate une ponte
d’œufs de mâles, puis un arrêt total de ponte. La conséquence est une
perte de production. Pratiquement, le
rôle de l’apiculteur sera de limiter les risques d’essaimage par la pose de
hausse permettant d’augmenter le volume de la ruche et le renouvellement des
reines tous les ans ou tous les deux ans.
En été, selon la flore, la colonie
peut avoir deux destins différents. Si la flore mellifère est présente, les
ouvrières butineuses continueront leur travail et la population pourra se
reconstituer si un essaimage a eu lieu. En cas de disette (froid, sécheresse),
la ponte cesse puis pourra redémarrer si le temps est plus clément en septembre
avec par exemple la présence de lierre mellifère dans le sud de la France.
L’automne permet la préparation à
l’hiver où les colonies amassent leurs provisions d’hiver. Si la flore
mellifère est pauvre, la colonie risque de ne pas avoir assez de réserves pour
l’hiver et dépérira. Lorsque la température baisse, les abeilles se mettent en
grappe dans le nid à couvain au milieu des provisions de miel et de pollen. On
estime à 20 kg de miel en moyenne les besoins d’une colonie pour passer
l’hiver. Pratiquement, l’apiculteur devra
veiller aux réserves de la colonie pour passer l’hiver et devra, si nécessaire,
apporter un nourrissement supplémentaire.
L’apiculteur
Par sa gestion de la ruche au niveau
de la reine, de l’apport génétique, du nourrissement, par le choix des
emplacements des ruches en période de miellée ou lors de l’hivernage, par les
pratiques apicoles de pose de hausse…, l’apiculteur peut influer sur le cycle
naturel de la colonie d’abeille. En fonction de la météorologie, des
floraisons… l’apiculteur doit pouvoir s’adapter aux conditions différentes
chaque années en avançant ou retardant le cycle des colonies de son rucher afin
de construire un parcourt technique optimal pour son rucher.
Cette influence est cependant
limitée par rapport à l’élevage d’autres espèces domestiques.
Conclusion : l’abeille est un insecte qui ne peut se concevoir
qu’au niveau de la colonie. La connaissance du cycle des colonies est importante pour la gestion des techniques apicoles mais aussi
pour la gestion prophylactique et thérapeutique des pathologies apicoles.




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