La
pathologie due au virus SBV est une entité clinique particulière : c’est
une maladie du couvain qui entraine la mort de la larve atteinte. Le virus peut
se développer chez l’adulte et n’a pas de tropisme pour le tissu nerveux. C’est
une pathologie qui apparaît très rarement seule et qui nécessite des facteurs
favorisants.
Cette pathologie a été décrite la première fois
en 1913 et attribué à un virus en 1917. L’agent causal, le SBV, n’a été identifié
qu’en 1964. C’est un picornavirus-like, comme la plupart des virus de l’abeille
et des insectes. Il a une taille de 28nm de diamètre. C’est un virus très
contagieux, mais très fragile dans le milieu extérieur.
Au niveau du rucher, il atteint une seule ou quelques colonies, rarement toutes.
a. Symptômes
Au niveau des cadres, le couvain
apparaît en mosaïque, avec une mortalité larvaire.
La maladie survient au tout début de
la nymphose. Les larves atteintes ne peuvent pas se transformer pas en nymphes
juste après l’operculation et meurent. Un liquide ecdysial, riche en SBV
s’accumule dans la mue, formant le sac qui a donné son nom à la maladie et au
virus. Les larves atteintes changent de couleur, passant de blanc perle à jaune
pâle. Ces « sacs » sont très fragiles, explosent entre les doigts,
n’ont pas d’odeur (comme la loque européenne et la loque américaine, autres
maladies du couvain), et ne sont pas adhérentes à la cellule de couvain. Dès la
mort de la larve, le « sac » formé par sa destruction quin contient
le liquide riche en virus est très contaminant.
Puis,
si les nettoyeuses ne font pas leur travail, les cadavres se dessèchent et se
transforment en écailles non adhérente, inodore et en forme de gondole.
Le SBV peut également toucher les abeilles
adultes, mais les symptômes de la maladie dans ce cas sont peu connus.
Cependant il semble que les abeilles touchées ont une espérance de vie
diminuée.
On
pense, d’après des études néozélandaises, qu’il pourrait avoir, sur les abeilles
nettoyeuses qui se contaminent en nettoyant les cellules atteintes, une
affection des glandes hypopharyngiennes. Elles ne passent pas alors par le
stade nourrice car les glandes hypopharyngiennes sont atrophiées et deviennent
butineuses. Elles ne butinent alors que le nectar et sont incapables de
rapporter du pollen.
Le couvain sacciforme ne revêt pas
l’importance, ni la gravité, ni la fréquence des loques et des mycoses.
Souvent, il disparaît durant la miellée, sans aucune intervention.
Enfin, et c'est très important, SBV a été retrouvé dans des colonies
saines.
b. Contamination
Divers moyens de propagations du virus
sont probablement possibles, cependant on ne les connaît pas tous.
Des études sur Varroa on montré qu’il pouvait être porteur du virus SBV, et donc fort probablement vecteur de ce virus.
c. Facteurs favorisant
La maladie apparaît souvent au printemps sous
l’influence de divers facteurs favorisants :
- Carences en protéines,
- Autres maladies : Loque européenne ; Varroa, par l’affaiblissement des colonies qu’il entraîne et son
action vectrice de virus par ses piqûres contribue à l’apparition de la maladie
…
-
Mauvaises conditions climatiques,
- Prédispositions génétiques : certaines souches seraient plus prédisposées à développer l’infection virale à SBV.
d. Diagnostic
Le
diagnostic est généralement symptomatique.
Le
diagnostic différentiel se fait avec les autres maladies du couvain, comme les
loques.
Enfin le diagnostic de laboratoire peut se faire avec les méthodes « traditionnelles » comme les tests ELISA, cependant aujourd’hui il est possible d’utiliser la technique PCR en temps réel ce qui permet en outre de connaître la souche de virus concernée et la charge virale. Cela est peu utilisé à l'heure actuelle en pathologie apicole.
e. Conduite à tenir
Il est essentiellement
prophylactique par :
-
- La gestion de l’infestation par Varroa
-
- La gestion de l’apport alimentaire en vérifiant qu’il n’y a pas de
carences en protéines.
-
- Les techniques apicoles
-
- La sélection de souches actives dans le ramassage du pollen notamment.
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