Varroa destructor
a un pouvoir pathogène à la fois au niveau individuel, sur le couvain et
les abeilles adultes et au niveau de la colonie d’abeille.
On a pu montré que le poids des abeilles
parasitées à l’éclosion pouvait diminuer de 30% par rapport au poids des
abeilles non parasitées. D’autre part, expérimentalement, on a constaté que
l’espérance de vie était diminuée de 30% chez les abeilles parasitées par Varroa destructor. Enfin, les abeilles
peuvent être parasitées uniquement à l’état adulte par passage d’un Varroa
femelle d’une abeille à une autre.
1.Effet de Varroa sur l’abeille
a. Effets
de Varroa destructor sur le
faux-bourdon
- Des études expérimentales ont montré que
les faux bourdons parasités avaient de moindres capacités à voler (la durée de vol
moyenne était diminuée lors de test en tunnel.
- D’autre part ces études ont montré que le
parasitisme par Varroa destructor avait
un effet néfaste sur la spermatogénèse avec moins de spermatozoïdes produits.
b. Action
spoliatrice de Varroa destructor
Lors de son cycle de reproduction dans la
cellule operculée, Varroa s’alimente des réserves de la nymphe ainsi que de
l’hémolymphe car il est très sensible à la déperdition d’eau. Il semble que
Varroa consomme 15% des réserves de la nymphe.
Les conséquences sur l’hôte de cette action
spoliatrice sont :
- Une diminution de la protéinémie totale,
et notamment des protéines de faible poids moléculaire, Varroa destructor
semblant être sélectif sur les protéines spoliées.
- Une diminution de la quantité d’arylphorine,
protéine présente dans les nymphes d’abeille nécessaire à l’élaboration de la
cuticule au moment de la mue imaginale. Varroa destructor peut consommer toutes
les réserves de cette molécule. La conséquence sera une cuticule plus fragile
et donc moins protectrice face aux agressions extérieures (physiques, chimiques
et infectieuses).
- une réduction des corps gras, lieu de synthèse et de stockage des protéines
qui ont un rôle fondamental notamment chez les abeilles d’hiver pour passer la
période d’hivernage. En outre, au niveau cellulaire, on constate une réduction
du nombre de granules protéiques par cellule.
- Enfin, chez l’abeille parasitée, on
constate l’apparition de protéines antigéniques.
c. Action
mutilante de Varroa destructor
Varroa destructor peut avoir un effet pathogène de mutilation
externe ou interne chez l’abeille.
- Mutilations externes
- Un raccourcissement de l’abdomen qui concerne
environ 60% des abeilles parasitées,
- Des
lésions alaires ; les ailes sont déformées, atrophiées, parfois
absentes,
- Rarement, on constate l’absence d’antennes
voire des mutilations des pattes.
-
Mutilations internes
Chez les abeilles nourrices, on constate que
la taille des acini des glandes hypopharyngiennes est réduite d’en moyenne 10%.
Ces glandes intervenant dans la
production de gelée nourricière et royale, la fonction sociale de l’abeille
ouvrière nourrice est compromise.
d. Action
vectrice de Varroa destructor
Varroa peut être vecteur d’agents
pathogènes, en particulier de virus. Il a été retrouvé chez Varroa destructor des virus de l’abeille
Apis mellifera, qu’il est donc
susceptible de transporter, multiplier et transmettre.
- La transmission est passive, externe,
l’alimentation de Varroa servant de porte d’entrée. Elle induit donc une infection
chez l’abeille.
- On a pu constaté une multiplication de
l’agent pathogène dans le parasite.
Des études (ME Colin, SupAgro Montpellier)effectuées ont montré que Varroa
pouvait être porteur des virus suivants :
-
DWV : Virus de ailes déformées (Deformed
Wing Virus) ; Il est présent chez pratiquement 100% des varroas, mais
attention à ne pas faire un lien de cause à effet entre ce virus et les ailes
atrophiées observées lors d’infestation par Varroa. Il n’y a à l’heure actuelle
que peu de preuves sérieuses.
-
SBV : Virus du couvain sacciforme (SacBrood
Virus), retrouvé chez environ 50% des varroas.
-
ABPV : Virus de la paralysie aiguë des abeilles (Acute Bee Paralysis Virus), retrouvé chez environ 35% des varroas.
-
KBV : Virus du Cashmire de l’abeille (Kashmir
Bee Virus), retrouvé chez 4% des varroas.
Cette liste n’est pas exhaustive, ni close.
Des études récentes ont montré la présence chez Varroa du Virus de la paralysie
lente (SPV, Slow Paralysis Virus) et
du VDV1.
e. Action
sur les défenses de l’organisme
Varroa a une action sur l’immunité de
l’abeille en limitant la coagulation et en agissant sur la production des
Peptides Antimicrobiens (AMPs).
- Sur le site de ponction au niveau des hôtes du genre Varroa, on constate
qu’il n’y a pas de coagulation.
- Chez les abeilles parasitées, le taux lysozymes et des phénol-oxydases,
enzymes intervenant dans le phénomène d’encapsulation diminue nettement.
- Il en est de même pour les AMPs. L’abaecine et la défensine diminuent
dans l’hémolymphe si l’on compte plus de 3 varroas parasitant l’abeille,
l’hymenoptaecine baisse toujours lorsque l’abeille est parasitée.
2. Effet de Varroa destructor sur la colonie d'abeilles
L’adaptation du cycle de Varroa à celui de
l’abeille, la reproduction dans le couvain et notamment dans le couvain de
mâle, la capacité de Varroa de résister sur les abeilles à l’absence de couvain lors de
l’hivernage (en dehors de l’hôte, la fondatrice ne résiste que deux jours) sont
les causes de l’augmentation annuelle de la population de Varroa si aucune
mesure de prophylaxie et de traitement n’est mise en place.
Conclusion: les effets pathogènes de Varroa destructor sont tels au niveau de l'abeille et au niveau de la colonie d'abeille que la lutte contre Varroa nécessite une lutte maximale et optimale.
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