Définition
Tropilaelaps clareae est un acarien hématophage parasite
externe du couvain operculé d’Apis
mellifera, comme Varroa destructor.
Cependant, il se reproduit plus abondamment et est donc potentiellement
dangereux. Il a été
décrit scientifiquement par Delfinado et Baker en 1962.
Les
acariens du genre Tropilaelaps sont
nombreux et parasitent le couvain d’abeilles essentiellement en Asie: T. clareae a pour hôte naturel Apis dorsata, cependant il peut parasiter Apis mellifera, Apis cerana, Apis florea et Apis laboriosa. Sa répartition géographique est mal connue. Il se
retrouve du nord-est de l’Iran jusqu’au sud-est de la Papouasie-Nouvelle
Guinée. Un cas isolé a été trouvé en Afrique. T. mercedesae, que l’on trouve en Asie et en Indonésie
parasite A. mellifera, A. dorsata et A. laboriosa. T. koenigerum
est un parasite d’Apis dorsata de d’Apis laboriosa et se retrouve du Sri
Lanka au Népal. T. thaï parasite Apis
laboriosa au Vietnam.
En France, Tropilaelaps clareae est une maladie
réglementée : MRC, même si aucun cas n’a été encore diagnostiqué. Comme
pour l’infestation des ruches à Aethina
tumida, l’infestation par Tropilaelaps
clareae est un danger pour les colonies d’abeilles ce qui a conduit les
autorités sanitaires à les inscrire sur la liste des MRC.
L’agent causal
T.
clareae est un acarien de forme ovale,
de couleur rouge-brun et de presque 1 mm de longueur. Tropilaelaps
koenigerum est légèrement plus petit, environ 0,7 mm de longueur. Les 2
espèces de Tropilaelaps peuvent être
identifiées et différenciées de Varroa car ils sont ovales alors que
Varroa a une forme arrondie. Ce sont des acariens qui se déplacent assez rapidement. La
femelle est appelée fondatrice et se reproduit dans les cellules de couvain
operculé. Il supporte mal des périodes d’interruption de couvain.
Le cycle
La
fondatrice de Tropilaelaps pond de 1 à 4 œufs sur des larves d'abeille juste
avant l’operculation de la cellule de couvain. Il y a un tropisme pour le
couvain de mâle qui est souvent totalement parasité.
Les
œufs pondus donnent un mâle et plusieurs femelles. Ceux-ci se nourrissent des
larves. Le cycle reproductif a une durée d’environ une semaine donc est assez
rapide.
Les
adultes, dont la fondatrice, émergent avec l'abeille et recherchent de nouveaux
hôtes.
La
survie sur des abeilles adultes est très brève (seulement 1 à 2 jours) car Tropilaelaps
ne peut pas percer la cuticule et se nourrir de l’hémolymphe des adultes. Ainsi,
les fondatrices sont très fragile dans le milieu extérieur et ne peuvent
survivre plus de 2 jours à moins qu’elles ne déposent leurs œufs dans une
cellule de couvain.
Le
cycle de vie étant court et le passage sur les abeilles adultes étant très
rapide, la population de Tropilaelaps clareae dans une colonie augmente bien
plus rapidement que celle de Varroa destructor. Si les 2 acariens, Tropilaelaps
clareae et Varroa destructor infestent la même colonie, ils entrent
en concurrence et on a constaté que la reproduction des 2 acariens diminue.
Pathogénie et symptômes
Tropilaelaps peut causer
la mort de la moitié du couvain. Dans les colonies parasitées, on observe un
couvain en mosaïque, irrégulier. Il est possible également d’observer quelques
cadavres qui peuvent partiellement dépasser des cellules. On peut parfois
observer des opercules perforés par l’activité des ouvrières nettoyeuses qui
vont expulser les nymphes ou les jeunes adultes infestés.
Beaucoup
d'abeilles sont mal formées, elles peuvent présenter un
abdomen déformé, des
ailes atrophiées et irrégulières, des
pattes déformées ou manquantes. Certaines
des abeilles affectées rampent à l'entrée de la ruche. De plus, des opercules
perforés sont visibles, résultant de l’activité de nettoyage des ouvrières, qui
expulsent les nymphes infestées ou les jeunes adultes.
Au
niveau de la colonie Tropilaelaps a
un effet dévastateur, provoquant des affaiblissements très rapides des
colonies.
Diagnostic
Le
diagnostic est effectué par la mise en évidence de l’acarien à l’œil nu ou à la
loupe binoculaire. Les
fondatrices étant de forme ovale, on peut difficilement les confondre avec
Varroa dont les femelles sont rondes. L’observation
du couvain notamment de faux-bourdons est également une méthode de recherche du
parasite. On peut observer Tropilaelaps
dans les cellules de couvain operculées. Aux stades les plus jeunes, les
acariens sont blanchâtres, presque immobiles, et s’alimentent sur les corps de
leurs hôtes ; leurs pièces buccales et leurs pattes antérieures sont fixées à
la cuticule de l’abeille hôte. Comme pour Varroa, on peut évaluer le taux
d’infestation en calculant le pourcentage de cellules de couvain atteintes sur
un échantillon.
Traitement et Lutte
Dans les
pays atteints, on utilise des acaricides à libération prolongée comme le
Fluvalinate, ainsi que des saupoudrages mensuels de soufre et enfin des
traitements à l’acide formique. D’autres acaricides peuvent être utilisés comme
l’amitraze ou le cimiazole.
Une autre
méthode de lutte est basée sur l’importance du couvain pour Tropilaelaps.
Cet acarien ne survivant
pas plus de quelques jours à l’extérieur du couvain et ne pouvant se nourrir
sur les abeilles adultes, une méthode consiste à provoquer une interruption de
couvain, rare en Asie étant donné le climat, en séparant la reine de la colonie
pendant quelques semaines. L’acarien, n’ayant plus d’hôte, va alors périr.
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