Une étude* réalisée sur des colonies de Floride et de Californie sur 13 ruchers de 11 apiculteurs différents a été réalisée par une équipe américano-belge dirigée par Dennis VanEngelsdorp (Département de l'Agriculture de Pennsylvanie et Entomologiste à l'Université de l'état de Pennsylvanie).
Dans cette étude ont été suivis, mesurés, comparés, analysés 61 facteurs allant de la physiologie et de l'anatomie des abeilles adulte aux niveaux de différents pesticides en passant par le taux d'infection par des organismes pathogènes (ou suspectés de l'être) et la surface et la qualité du couvain.
Cette étude précise bien les caractère pris en compte pour qualifier les ruches atteintes du Syndrome d'Effondrement des Colonies:
- d'abord une perte rapide d'ouvrières avec un couvain important par rapport à la population adulte,
- puis un manque visible d'ouvrières mortes dans et autour des ruches atteintes,
- enfin l'invasion des prédateurs de la ruche comme le Petit Coléoptère des ruches ou la Fausse Teigne et le pillage par d'autres abeilles de ruches voisines différés. Dans ces colonies atteintes, les abeilles restantes ne suffisaient pas à recouvrir le couvain, étaient de jeunes adultes et la reine était présente.
Sans entrer dans les détails fastidieux de cette publication au demeurant fort intéressante, les principaux résultats ont montré que les colonies atteintes avaient un taux d'infestation par des organismes pathogènes supérieur (charge virale pour les virus) et présentaient une co-infection par plus de de pathogènes que les populations témoins, suggérant soit une exposition plus importante soit une moindre résistance des abeilles atteintes à ces organismes pathogènes. En outre, le taux de résidus de Coumaphos trouvé dans les ruches était plus significatifs dans les colonies témoin.
Cette étude montre donc que les ruches atteintes par le CCD ont un taux d'infection par des pathogènes plus élevé et étaient co-infectées.
Cela est intéressant, mais cela ne nous dit pas si le taux et la présence des virus ou organismes "pathogènes" avaient déclenché une maladie ou se sont développés suite à l'affaiblissement de la colonie.
Quoi qu'il en soit, les conclusions des auteurs est intéressante car ils écrivent que leur étude "suggère que le CCD implique une interaction entre des pathogènes et d'autres facteurs de stress". D'après les auteurs, le CCD est soit contagieux soit le résultat d'une exposition à un facteur de risque commun (au sens de courant).
Ils pensent que leur étude a mis en exergue et souligné de vastes champs de recherches futurs sur les conséquences possible de l'infestation par Varroa et le rôle de la résistance des abeilles aux pesticides.
NB. D'ailleurs, une recherche actuelle est menée dans l'Université de l'Illinois sur l'identification des gènes responsable de la détoxification aux pesticides chez l'abeille et sur les interactions pesticides/Propolis, pollen, miel et les conséquences sur les capacités des abeilles à "tolérer" les pesticides.
*Colony Collapse Disorder: A Descriptive Study - 2009 PLoS ONE 4(8): e6481.doi:10.1371/journal.pone.0006481
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