Le virus DWV est un des virus Picornavirus-like de l'abeille. C’est l’un des virus les plus fréquemment détecté chez Apis mellifera. Sa prévalence est d’autant plus importante que les colonies sont parasitées par Varroa destructor, dont l’action vectrice est connue. Il est responsable de déformations morphologiques de l’abeille, notamment au niveau des ailes. On a pu également le retrouver dans des colonies apparemment saines, sous forme d’infection latente.
a. Symptômes
Le virus des ailes déformées est suspecté de provoquer l'apparition de
déformations alaires au cours de la nymphose de l'abeille. Ces symptômes sont
souvent visibles sur quelques abeilles au sein de la colonie, et sont associés
à de fortes infestations par Varroa
destructor. La présence d'abeilles avec ailes déformées est relevée plus
fréquemment en automne par les apiculteurs.
Ces abeilles ne sont pas viables et sont éliminées de la ruche par les
ouvrières saines.
Le virus peut également provoquer des
mortalités du couvain.
Au niveau de la colonie, une forte infestation peut induire des mortalités importantes et à un effondrement des colonies.
b. Contamination
Des
études par PCR ont démontré que le DWV est présent à tous les stades larvaires
de l'abeille, excepté dans l'œuf et que ce virus est plus fréquemment détecté
dans des nymphes (80% des cas) isolées de couvain operculé parasité par des Varroa destructor porteurs du virus. Par contre ces études ont montré que
les adultes émergeant de cellules non parasitées par Varroa ne sont pas
porteurs du virus DWV.
Le virus est donc fort probablement transmis par Varroa destructor chez qui le virus peut être présent en très fortes concentrations (forte charge virale détectée par PCR-TR). L'acarien va ainsi contribuer à propager le virus DWV dans et entre les différentes colonies d'abeilles.
c. Pathogénie
Elle est mal connue. Il semble cependant
que dans une étude sur le DWV, les abeilles nées avec des ailes atrophiées
étaient infectées par le DWV avec une charge virale proche de celle trouvée
chez Varroa destructor. Par contre,
la charge virale mesurée chez les larves était dans cette étude moins forte.
Cela pourrait s’expliquer par une « primo-infection » de la larve
suivie d’une multiplication du virus au cours des métamorphoses de la larve.
L’action du virus DWV déclenchée par Varroa semble pouvoir se poursuivre quelques mois après un traitement acaricide.
d. Diagnostic
La
mise au point de technique utilisant la méthode PCR-RT qui permet à la fois la
mise en évidence du virus mais aussi sa charge virale.
Elle est encore peu utilisée car peu rependue et encore coûteuse.
e. Conduite à tenir
La présence d’abeilles avec des ailes
déformées, si elle traduit probablement la présence du virus DVW est à mettre
en relation avec la présence de Varroa, dont certains auteurs pensent qu’il pourrait
induire la formation d’ailes déformées par son action pathogène également.
En conséquence, la conduite à tenir est un
traitement de la varroose, en même temps qu’un suivi annuel de la population de
Varroa destructor afin d’optimiser la
lutte contre cet acarien.
Sources:
TENTCHEVA Diana ; GAUTHIER Laurent ; BAGNY Leila ; FIEVET Julie ; DAINAT Benjamin ; COUSSERANS Francois ; COLIN Marc Edouard ; BERGOIN Max - Comparative analysis of deformed wing virus (DWV) RNA in Apis mellifera and Varroa destructor Apidologie 2006, vol. 37, no1, pp. 41-50 [10 page(s) (article)] (1 p.1/4)
TENTCHEVA Diana; GAUTHIER Laurent; JOUVE Sandrine; CANABADY-ROCHELLE Laetitia ; DAINAT Benjamin; COUSSERANS Francois; COLIN Marc Edouard ; BALL Brenda V. ; BERGOIN Max - Polymerase chain reaction detection of deformed wing virus (DWV) in Apis mellifera and Varroa destructor Apidologie 2004, vol. 35, no4, pp. 431-439
Commentaires