Une étude sur 13,5% des 2,44 millions de colonies d'abeilles aux Etats-Unis a été effectuée.
Les résultats "bruts" montrent une perte totale pendant la période de l'étude de 35,9% (IC95%: 30,5-41,3%), avec une perte moyenne de 31% (IC95%: 30,5-41,3%).
Une autre étude effectuée par l'USDA, présente des résultats à peu près similaires.
On constate de grande variation des pertes selon les états, mais tous les apiculteurs américains ont constaté une augmentation des pertes et considèrent à l'heure actuelle qu'un taux normal de pertes est autour de 21,7%, alors qu'auparavant ils le considéraient normal autour de 15,9%.
Ces résultats montrent que les pertes de colonies continuent à augmenter par rapport aux années précédentes. Cependant, ces études, si elles sont intéressantes, n'en demeurent pas moins délicates à interpréter dans un contexte global, car beaucoup de colonies sont été atteintes par de multiples parasites et maladies dont le rôle dans les pertes ne peut être facilement défini ou quantifié, sans études épidémiologiques longitudinales (dans le temps). En outre, les parasites, les agents pathogènes... agissent probablement en synergie, comme Varroa.
Le stress lors des transhumances, caractéristique essentielle de l'industrie apicole américaine, est évoqué comme une cause sous-jacente d'augmentation des pertes.
Le principal symptôme du CCD, des ruches vides sans abeilles mortes est rapporté dans l'étude essentiellement par les apiculteurs engagés dans de grandes opérations de pollinisation donc avec un grand nombre de colonies. Ce qui fait penser aux auteurs de l'étude, Dennis VanEngelstdorp, Jerry Hayes, Robyn M. Underwood, Jeffery Pettis, qu'il faut des "conditions de contagion" importantes pour que ce symptôme (syndrome?) apparaisse. Cependant, il est intéressant de lire des ces spécialistes que l'"on doit garder à l'esprit que ces grandes opérations sont généralement trouvées dans des cadres agricoles où elles (les colonies) sont exposées à des produits chimiques agricoles sous toutes les formes et que leur alimentation peut être incomplète à cause de la monoculture dont elles sont obligées de se nourrir. Ces facteurs peut aussi contribuer au CCD".
La famine ou des reines " de mauvaise qualité" ont été souvent évoquées comme cause de pertes de colonies. Ce sont des éléments que l'on peut contrôler, ce qui laisse penser qu'il y a un problème dans la mise en oeuvre de bonnes techniques apicoles par les apiculteurs. Les auteurs suggèrent aux apiculteurs une amélioration de leurs pratiques apicoles.
Enfin, les différences de pertes entre les régions étudiées montre une influence de la température sur les pertes de colonies, les régions ayant des températures moyennes faibles présentant plus de pertes. Cela peut être du directement à la température ambiante ou au fait qu'il faut plus d'apport alimentaire pour l'homéostasie de la grappe hivernale, ce qui peut entraîner des carences en cas de manque.
La conclusion de ce rapport est que le CCD intervient dans les zones de grandes opérations de pollinisation et que les pertes sont plus importantes dans ces opérations. Cela suggère qu'un phénomène contagieux puisse être responsable du CCD, mais sans oublier les pesticides utilisés dans ces zones agricoles de grandes pollinisation.
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