Le parlement européen va évoquer l'abeille et ses problèmes. Si l'on peut se réjouir de cette évocation, on ne peut, je crois, pas attendre grand chose de l'UE sur ce sujet. Mais attendons de voir... et juger.
Le communiqué de presse est pavé de bonnes intentions et de lieux communs, faisant appel à Winnie l'Ourson ou à cette soit disant phrase de Enstein qui a fait le tour du monde depuis qu'elle a été re-sortie du placard. S'il est vrai qu'il évoque la pollinisation, la pertes des colonies et leurs causes supposées, la seule proposition pour "sauver" les abeilles serait selon, M. Parish, britannique, membre du Groupe du Parti Populaire européen et des Démocrates européens, président de la commission de l'agriculture du Parlement Européen, de faire des recherches sur la malnutrition de l'abeille... C'est à mourir de rire,... ou de pleurs! Comme si la seule cause de la disparition des abeilles était un problème de malnutrition due à la monoculture!
La monoculture est une des causes majeures, oui... mais mettre à des rangs inférieurs beaucoup d'autres causes et notamment les pesticides (relégués à un rang égal aux champs électromagnétiques), est pour le moins suspect de parti pris. D'autant plus que "qui dit monoculture dit pesticides..."
Sans
vouloir atteindre la grandeur et la "majesté" du mandat de député, on sent
poindre par derrière ce texte le lobbying de certains groupes chimiques
puissants ainsi que des agriculteurs parfois peu scrupuleux, on dira peu
informé sur la toxicité des pesticides.
Alors, oui conseillez à la commission de débloquer des fonds, messieurs les députés de Bruxelles pas seulement pour l'étude sur la malnutrition des abeilles mais aussi pour:
-Etudier la biologie de l'abeille
-Etudier la nutrition de l'abeille dans son ensemble
-Etudier
la sensibilité de l'abeille aux pesticides, et les intoxications que ceux ci
provoquent
-Etudier
Varroa
-Etudier
les virus de l'abeille, Nosema
-Etudier
les maladies bactériennes de l'abeille
-Etudier les médicaments vétérinaires utilisables, ainsi que les résistances des parasites à ces traitements
-Etudier
les médicaments utilisés sans AMM et sans contrôle vétérinaire sur les ruches
par certains
-Etudier
les méthodes apicoles, pratiques et sanitaires
... Là,
on aura un ensemble à peu près cohérent de connaissance meilleures sur
l'abeille et peut-être sur les causes des pertes de colonies.
Heureusement, en France, la recherche sur l'abeille est multiple (intoxications et virus à Montpellier, Noséma à Clermont-Ferrand, Pollinisation à Avignon, Génétique à Gif sur Yvette...) mais manque certainement de fonds...
PS. Ce qui est étonnant c'est que ce député ne propose qu'un domaine de recherche, les américains, toujours en avance, ont réparti les domaines de recherches un peu partout dans leurs laboratoires fédéraux... A bon entendeur!
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