En Mars 2008, a été présenté par Monsieur Jean-Paul Faucon (Chef) et Madame Marie-Pierre Chauzat, de l'unité Pathologie de l'Abeille de l'AFSSA, une communication du les causes majeures de la mortalité des colonies en France. Les analyses de laboratoire mettent en évidence la présence de Varroa destructor,de virus et de maladies concourantes comme la nosémose. La période la plus importante à prendre en compte, afin de minimiser le risque de mortalité hivernale, est le tout début de l’automne, période où des traitements acaricides efficaces doivent être appliqués. L’information et la formation des apiculteurs sont primordiales et doivent être mises en place le plus rapidement possible." L'étude rapporte que pendant d'hiver 2007-2008, (Déc., Janv. et Fév.), de nombreux cas de pertes de colonies ont été recensés et déclarés au laboratoire de l'AFSSA, bien plus que les années précédentes. Selon Monsieur Jean-Paul Faucon, le virus de l'IAPV a été identifié pour la première fois en France, et d'autre part une forte infestation par Nosema ceranae, la loque américaine, la loque européenne ont été observées. Sur les années 2002-2005, l'étude multifactorielle prospective des troubles de l'abeille, faite sur 5 ruches de 5 ruchers de 5 départements différents conclut à: "-L'absence d'effondrements de la population des colonies tels que décrits par différents apiculteurs lors de l'exploitation de certaines miellées (pas de disparition soudaine et importante des abeilles); -Une mortalité hivernale ou une mortalité durant la saison apicole, située dans l'intervalle considéré comme non exceptionnel en apiculture, -La présence de maladies ou d'agents pathogènes expliquant pour partie les mortalités constatées; -Des anomalies (qualifiées de problème de reine) pouvant expliquer les autres causes de mortalité des colonies. L'origine de ces anomalies peut être attachée à des maladies propres à la reine (nosémose, à l'exposition de la reine à des résidus de pesticides à travers les matrices apicoles, à la toxicité des traitements vétérinaires; -La présence dans l'ensemble des matrices apicoles de résidus de pesticides à des doses très faibles. Les résidus les plus importants, en fréquence de présence, étaient l'imidaclopride (apport exogène) et le coumaphos (apport endogèbe du au traitement de la varroase). La présence des résidus d'imidaclopride dans les matrices apicoles n'a pas entraîné de mortalité aiguë de colonies ou d'abeilles, comme cela avait déjà été démontré en 2005 lors d'une expérimentation de nourrissement des colonies avec du sirop contaminé (Faucon et al. 2005); -La présence simultanée de divers résidus de pesticides d'une part et de résidus de pesticides et d'agents pathogènes d'autre part; -L'absence de traitement contre la varroase ou l'utilisation de traitement insuffisamment efficace." Cet article est intéressant car il insiste à juste raison sur Varroa et ses dangers. Il insiste aussi sur le traitement anti-Varroa qui doit être fait selon les règles de l'art et avec un infini sérieux, et certains spécialistes conseillent deux traitements, une bithérapie avec des lanières posées pendant dix semaines après la dernière miellée avec un positionnement "parfait" et modifié à mi traitement; puis un second traitement unique à couvain ouvert (acide formique, acide oxalique), bien évidemment avec une ordonnance suivant la législation des substances médicamenteuses. Il rappelle avec à propos une citation de Marc-Edouard Colin, docteur-vétérinaire, Sup Agro Montpellier en 1987: "il ne faut pas croire et laisser croire que la solution du problème posé par la varroase est simple et se résume à une chimiothérapie effectuée de façon hâtive et souvent empirique". Cependant, les pesticides sont mis au placard comme cause possible de mortalité. Pourtant, dans l'enquête multifactorielle 2002-2005 des troubles de l'abeille, des résidus de pesticides ont été trouvés dans les matrices apicoles (même si cette étude a été faite sur peu de ruches, le fait de trouver des pesticides est significatif). En 2005-2006 Monsieur Faucon écrit que "aucun résidu toxique susceptible d'être à l'origine d'une intoxication aiguë n'a été retrouvé". Cela apporte plusieurs remarques: 1. Outre le fait que Monsieur Faucon rappelle intelligemment que Gaucho ND et Régent ND ont été retirés du marché, il insiste sur le fait qu'en 2005-2006 rien ne permet d'affirmer la possibilité d'intoxication aiguë car rien n'a été trouvé dans les recherches. On peut faire remarquer que c'est le problème des intoxications aiguë, les symptômes sont très évocateurs, mais souvent les résultats sont négatifs. Peut-être faudra-t-il imaginer d'autres type de recherches? Il faut noter également que monsieur Faucon rappelle son étude de nourrissement avec de l'imidaclopride de 2005 et de sa conclusion de non toxicité de cette molécule. cette étude est aujourd'hui controversée (cf. La santé de l'abeille sept-oct 2008) 2. L'auteur évoque beaucoup de maladies pour expliquer les pertes et en oublie pratiquement une cause probablement très importante des pertes de colonies: l'intoxication chronique. Et pourtant, cette étude évoque comme cause possible des troubles de la reine l'exposition de celle ci, notamment à des "résidus de pesticides à travers les matrices apicoles". L'auteur est donc conscient de la toxicité chronique potentielle des matrices apicoles qui contiennent des résidus de pesticides voire de traitements vétérinaires. Donc si ces résidus sont toxiques pour la reine, pourquoi ne le seraient-ils pas sur les ouvrières qui restent quand même dans la ruche quelques semaines en été avant d'aller butiner, ou quelques mois l'hiver. La colonies d'abeille est en équilibre, si un ou plusieurs éléments vient la déséquilibrer, alors les maladies opportunistes pourront se développer. Un de ces élément est Varroa, c'est sûr, on le voit et il est absolument nécessaire de lutter contre cet acarien maléfique de manière parfaite. Un autre élément ne peut-il être les pesticides auxquels sont soumis les abeilles? On sait aujourd'hui que des doses minimes d'insecticides ont leur toxicité très augmentée avec des fungicides utilisés en agriculture. Chroniquement intoxiquée, la colonie se désorganise et virus, bactéries, fungidés... peuvent alors se développer.
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