Lors du 17ème Congrès de l'UNAF, Laurent Gauthier de SupAgro Montpellier, responsable du Laboratoire de Diagnostic en cours de création, a évoqué ce que l'on peut attendre d'un diagnostic de laboratoire en pathologie apicole.
Dans son schéma de base de réflexion, il suit le raisonnement, en cas de problème sur les ruches, suivant:
1. On constate un problème pathologique sur des ruchers.
2. Nécessité d'appel à un spécialiste formé en pathologie apicole et aux techniques de l'apiculture.
3. Celui-ci pose des hypothèses diagnostiques. Il possède les connaissances des diagnostics de laboratoire et les compétences pour effectuer les prélèvements
4. Des prélèvements ciblés en fonction des hypothèses doivent être effectués "dans les règles de l'art" (et pas n'importe comment) en vue de confirmer (ou infirmer) les hypothèses diagnostiques.
5. L'interprétation des résultats de laboratoire ne se font pas qu'à la lecture de ceux-ci, mais en prenant en compte tous les éléments qui ont conduit à effectuer ces prélèvements.
A ce raisonnement, Laurent Gauthier conclut: il faut un spécialiste car un simple résultat de laboratoire ne suffit pas. Donc il dit aux apiculteurs, il faut quelqu'un pour vous aider dans le diagnostic ou plus prosaïquement: "ne faites plus votre diagnostic et votre sauce seul"
C'est alors qu'un apiculteur a posé la question suivante et légitime: "mais qui appeler? les agents apicoles ne sont pas toujours disponibles, les services vétérinaires n'en parlons pas..." Pour résumer: "qui sont ces spécialistes". Pas une seconde cet apiculteur n'a pensé à un vétérinaire.
Laurent Gauthier n'a pas parlé de vétérinaire non plus dans sa réponse, mais a parlé de gens formés à la pathologie apicole. C'est dommage, car la définition qu'il a donné dans son raisonnement est celle du vétérinaire et de personne d'autre: celui d'un pathologiste formé à une démarche diagnostique.
Evidemment, peu de vétérinaires sont actuellement formés à la pathologie apicole, mais huit ont été diplômés il y a 2 ans, nous serons 10 cette année et probablement 19 vétérinaires le seront l'an prochain.
Alors, s'il est vrai que la filière apicole n'a jamais imaginé faire appel à des vétérinaires sauf pour des ordonnances (... parfois à la limite de la légalité!) ou pour signer des PSE sans les lire, parce que les vétos ne s'étaient pas intéressés aux abeilles, il faut qu'elle sache qu'aujourd'hui, certains d'entre nous sommes de mieux en mieux et de plus en plus formés pour l'aider dans les défis qui sont là et ceux qui s'annoncent. Et ce dans les domaines pathologiques ET sanitaires, car ne n'oublions pas, les vétérinaires sont également chargés par la législation de l'aspect sanitaire de l'alimentation humaine d'origine animale: donc du miel, du pollen et de la gelée royale.
Enfin, en rappelant au passage que le code de déontologie de l'Ordre des Vétérinaires et le Code Rural dans son Livre II, Titre IV attribuent l'exercice de la médecine et de la chirurgie des animaux aux docteurs-vétérinaires, je voudrais terminer par trois définitions du dictionnaire Petit Larousse:
ABEILLE n.f. (lat. apicula). Insecte social vivant dans un ruche et produisant le miel et la cire. (Ordre des hyménoptères)
INSECTE n.m (lat. insectus, coupé). Animal invertébré de l'embranchement des arthropodes, dont le corps est entouré d'une cuticule chitineuse et formée de trois parties: la tête, avec deux antennes, deux yeux composés et six pièces buccales; le thorax, avec trois paires de pattes et souvent deux paires d'ailes; l'abdomen, annelé et portant des orifices, ou stigmates, où arrivent les trachées respiratoires.
VETERINAIRE n. Spécialiste de la médecine des animaux
Si les vétérinaires ne seront bien évidemment jamais Zorro, Batman, Superman ou Spiderman (ouf! c'est un acarien... comme Varroa), ils peuvent apporter leur expérience et leur formation de pathologiste pour aider les apiculteurs dans les défis actuels. Mais à condition qu'une confiance réciproque se mette en place. C'est aussi le but de la "spécialisation" créée par Monique L'Hostis dans le cadre du DIE Apiculture-Pathologie Apicole.
je suis interessé par une formation et une eventuelle evolution de mon activité dans la filiere apicole .je pratique une apiculture artisanale depuis mon enfance .
Rédigé par : CHAMBERY claude | dimanche 11 janvier 2009 à 17h30