La décision de la FNOSAD, de Terre d'abeille et de l'UNAF de quitter la réunion du comité de pilotage du 26 septembre 2008, si elle a été regrettée par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, l'a conduit (forcé?) a bouger un peu. Un compte-rendu a été publié... C'est déjà cela.
Il y est noté qu'"il est (...) demandé aux services du MAP de prendre en compte la décision italienne de suspension de tous les traitements de semences à base de fipronil, imidaclopride, clothianidine et thiametoxam, voire même de suivre cette décision"
Revenons
un peu en arrière.
Suite
à sa décision d'autoriser la mise sur le marché de Cruiser et ce malgré les protestations justifiées
des apiculteurs,..., Michel Barnier, Ministre de l'agriculture avait accepté la
création d'un comité de pilotage dont l'objectif est "d’une part, une
production d’un protocole écrit à destination des services de terrain,
production effectuée en avril 2008 ayant abouti à une note de service du Dgal à
l’attention des services de la protection des végétaux et des directions départementales
des services vétérinaires via les préfets. D’autre part, le comité a vocation à
produire une synthèse du protocole mis en place. Cette synthèse devra présenter
la réalisation du protocole, les résultats obtenus ainsi que les remarques et
observations du comité quant à ces éléments".( Compte rendu du 26/09/08 de
la DGAL)
Pratiquement,
cela conduit à prendre des mesures de suivi et de surveillances de parcelles
semées et de ruchers dans trois régions: Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et
Aquitaine. Cependant, techniquement, ces mesures sont contestées par les
associations.
Le
compte rendu de la DGAL est surprenant car il précise:
"L’administration rappelle certaines autres limites de la mise en œuvre du protocole déjà évoquées en juillet:En Rhône-Alpes, trop peu de parcelles ayant été semées avec des semences traitées, les zones de type « traitées CRUISER » ne peuvent pas correspondre au protocole en terme de nombre de zones et de surfaces à l’intérieur des zones. En Midi-Pyrénées et Aquitaine, le nombre de parcelles suivies a été réduit pour des raisons autres: dans ce cas c’est l’utilisation plus généralisée du CRUISER qui a posé des problèmes de mise en œuvre, les services de terrain ayant des difficultés à respecter les distances entre zones pour 10 parcelles."
Pour simplifier, soit il n'y avait pas assez de parcelles, soit il y en avait trop et dans ce cas le nombre de parcelles étudiées a été réduite... Il semble que c'est un peu tiré par les cheveux et il est logique que soit contesté le nombre de parcelles étudiées, comme le fait France Nature Environnement qui rappelle que seuls quelques dizaines d'hectares sont surveillées alors que les abeilles sont en réalité confrontées à des milliers d'hectares.
En
ce qui concerne la décision italienne, le MAP précise dans le compte rendu et
suite à des informations reçues de l'administration transalpine que "les
mesures de gestion mises en place en France, notamment le plan poussières en
industries d’enrobage n’ont jamais été mises en place en Allemagne ou en
Italie".
Cette phrase permet au Ministère de... laisser croire encore que la France est différente... comme pour le nuage de Tchernobyl qui s'est arrêté à nos frontières ou pour la récession actuelle qui, pour le gouvernement n'en est pas une...
En
conclusion:
-La
sortie des 3 membres présents a permis de faire bouger les lignes, ce qui a
probablement enjoint la DGAL à publier un compte rendu avec les avis de chacun
-Le Cruiser est toujours là, malheureusement et comme se demande la FNE, pourquoi "la procédure de reconnaissance mutuelle ne s’appliquerait pas aux mesures de retraits".
... Une nouvelle réunion du comité de pilotage se fera le 30 octobre 2008, avec l'espoir que le ministère aura en tête qu'un insecticide tue les insectes, que les abeilles sont de insectes, donc les insecticides tuent les abeilles...
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