*Comité d'orientation pour des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement
Le groupe Air'Phyt du CORPEN a pour but de travailler sur la pollution de l'air par les produits phytosanitaires (Dérive, Volatilisation).
"La finalité des travaux concernant l’air est de rapporter des relations de cause à effet et d’aboutir à un conseil agronomique (exemple: bonnes pratiques de pulvérisation, recherche d’autres modes d’application pour certaines substances, choix et précautions selon les types de substances, …)."
Un rapport a été publié par ce groupe. Il est passionnant, troublant et très instructif.
Alors que les pouvoirs publics étaient depuis longtemps focalisés sur la contamination des sols et des eaux par les pesticides, en 2001 "les missions du CORPEN ont été réorientées vers la promotion de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement en se préoccupant de l’ensemble des compartiments (aquifères, milieux aquatiques, air, sol)" et "afin d’établir des recommandations pour limiter les émissions dans l’air de ces substances soit par dérive lors de l’application, soit par volatilisation postérieure, il a été décidé fin 2005 de constituer un groupe du CORPEN sur ce thème."
La contamination des airs se fait par volatilisation directe, indirecte et par l'"effet sauterelle" qui permet la contamination de l'air par des sources étrangères (régions produisant des contaminants agricoles et industriels). Selon l'état physico-chimique des pesticides la diffusion est différente.
Le choix des lieux de prélèvement est délicat et doit prendre en compte la représentativité des mesures effectuées.
Les pesticides se retrouvent à la fois dans les sites ruraux et les sites urbains étudiés. Il semble cependant que les sites ruraux présentent des taux de pesticides dans l'air plus élevés que les zones urbaines étudiées.
Les résultats montrent que:
- La présence de pesticides dans l'air est confirmé, variables selon les molécules, les lieux (la concentration des pesticides est plus élevée dans les zones rurales que urbaines) et les périodes de l'année.
- Les concentrations mesurées des pesticides sont représentatives de l'activité agricole
-Les cycles de contamination sont saisonniers: Les mesures entre 2001 et 2006 ont montré que en ce qui concerne les insecticides la somme des concentrations de substances actives dans l'air présente un pic entre mai et juillet.
-D'autre part, certains pesticides interdits depuis longtemps comme le Lindane se retrouvent également.
Cependant il n'existe pas de réglementation actuellement quant à la présence de pesticides dans l'air, ni en termes de surveillance et de contrôles, ni en terme de valeurs maximales d'exposition. Il est donc concevable que l'Homme comme l'animal soit soumis à une intoxication chronique, voire aiguë à certains moments de l'année par ces pesticides.
L'intoxication des abeilles par voie respiratoire par ces pesticides "aériens" n'est pas à exclure et ce d'autant plus que les concentrations aériennes d'insecticides sont à leur apogée entre mai et juillet, donc au moment où les abeilles volent, butinent,... et donc respirent beaucoup! L'intoxication chronique des abeilles n'est pas à exclure avec des effets forcément néfastes sur les colonies et les productions de la ruches. Serait-ce une piste pour rechercher les pertes de colonies et de production?
Ces travaux explorent également les moyens de limiter cette pollution de l'air. Le dernier paragraphe est le suivant:
"Les bonnes pratiques d’utilisation des produits phytosanitaires en zone agricole et non agricole permettent de limiter les contaminations de l’atmosphère, comme le montrent les études mises en place par les instituts de recherche et les Instituts Techniques (Arvalis, CTIFL, ITV, CIVC). L’utilisation
des produits phytosanitaires doit être raisonnée, leur application réalisée avec des matériels adaptés correctement réglés en tenant compte des conditions climatiques et du volume foliaire du végétal à traiter. En particulier toutes les technologies ou innovations permettant de réduire leur utilisation ou
de limiter leur dérive et leur volatilisation dans l’atmosphère sont à promouvoir."
La raison et le raisonnement sont toujours de bons conseillers...
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