Les services vétérinaires italiens du Piémont ont publié les résultats des prélèvements faits sur les abeilles mortes. Dans cette région de nombreuses ruches ont été décimées au printemps. Il a été recherché la présence de pesticides dans les cadavres d'abeilles. Ce sont donc des résultats sur des prélèvements ciblés, donc non aléatoires. Ils n'en sont pas moins très parlant.
Dans la région du Piémont (comme ailleurs...) sont utilisés des semis enrobés qui peuvent laisser d'échapper des poussières de pesticides.
Ces résultats sont les suivants (traduction faite par mes soins!):
Région du Piémont:
Total des échantillons d'abeilles analysés................................... 27
Total des échantillons positifs......................................................24 88,9%
Echantillons positifs à l'Imidaclopride......................................... 2 7,4%
Echantillons positifs au Thiaméthoxam....................................... 1 3,7%
Echantillons positifs à la Clothianidine.........................................18 66,7%
Echantillons positifs multi-résidus Clothianidine/Thiaméthoxam.. 3 11,1%
Ainsi, sur les échantillons étudiés, 88,9% des abeilles mortes étaient intoxiquées par des pesticides utilisés sur les cultures du Piémont. Cela est édifiant!
Il est fort probable ou possible que ce sont ces substances qui ont tué ces abeilles (et on sait qu'une abeille est un insecte... donc sensible aux insecticides). Il faudrait aussi connaître outre la présence, la quantité de substance(s) toxique(s) dans les abeilles mortes.
Cela repose donc le problème des autorisations données pour ces pesticides en Europe.
S'il est vrai que l'on a besoin de tournesol, de maïs... il ne faudrait pas que les pouvoirs publics oublient que les abeilles sont à la source même du travail de nombre d'agriculteurs. Plus d'abeilles, plus de melons, de fraises...
Aux USA, la pollinisation est une industrie et les apiculteurs en vivent bien plus que de la production du miel, cela n'est pas le cas en France où les apiculteurs prêtent souvent leurs ruches aux agriculteurs pour polliniser arbres fruitiers, melons... dans un échange qui à la fois permet aux fleurs d'être butinées et pollinisées et aux abeilles de faire des provisions de pollen voire de nectar intéressantes pour renforcer la ruche à la sortie de l'hiver et en prévision des futures miellées
Ainsi les pouvoir publics sous la pression amicale des lobbies agricoles seraient bien inspirés de réfléchir avant de prendre des décisions d'AMM qui pourraient être à l'origine de bien des dégâts.
L'utilisation irrationnelle et irraisonnées des pesticides est dangereuse pour les abeilles mais aussi pour les agriculteurs, les nappes phréatiques, l'environnement. Il semblent que beaucoup ne l'ont pas compris, ou s'en foutent, ce qui est bien plus grave.
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