Les dangers sanitaires dans l’élevage apicole, de la flore aux productions de la ruche sont liés aux risques d’exposition aux agents biologiques, aux substances chimiques et aux éléments physiques. Ces dangers sont de réelles menaces pour les colonies d’abeille et pour le consommateur des produits de la ruche.
Ces dangers sanitaires sont aussi la conséquence du commerce international des abeilles.
I. LES AGENTS VIVANTS PATHOGENES DE L’ABEILLE
Les agents biologiques pathogènes de l’abeille sont nombreux. Ils ont, pour beaucoup un point commun, c’est la propagation et la dissémination par le pillage et la dérive.
AGENTS INFECTIEUX ET FONGIQUES
BACTERIES
Les principales bactéries pathogènes de l’abeille sont les agents des loques américaine et européenne.
Paenibacillus larvae (agent de la loque américaine MLRC)
Paenibacillus larvae est à l’origine d’une maladie du couvain operculé de l’abeille Apis mellifera. C’est une bactérie dont la forme de résistance et de dissémination est la spore. Cette spore est très résistante et peut persister dans le miel, le bois, la cire et sur les abeilles adultes.
Melissococcus pluton agent de la loque européenne
Melissococcus pluton est l’agent initial de la loque européenne, maladie du couvain de l’abeille domestique. D’autres bactéries se développent en même temps. Le facteur principal développement de cette bactérie est la carence en protéines.
VIRUS
De nombreux virus ont été mis en évidence dans les colonies d’abeilles. Les principaux virus connus sont l’ABPV, CPV, DWV. Ils sont responsables de viroses (paralysie aiguë, chronique, ailes déformées…). Ces virus peuvent avoir pour vecteur Varroa destructor, qui affaiblissant la colonie, permet aux virus d’exprimer leur pathogénicité.
Nosema spp.
Nosema apis et Nosema cerana sont des microsporidies (règne des Fungi) parasites de l’intestin de l’abeille. Leur forme de dissémination et de résistance est la spore, très résistante. Elle peut persister dans le miel, le bois, la cire et est disséminée par les abeilles.
En France, la nosémose due à N. apis est une MRC.
Ascosphaera apis
Ce champignon est à l’origine du couvain plâtré, maladie du couvain. Un des facteurs favorisant l’apparition du couvain plâtré est l’humidité.
PARASITES ET PREDATEURS
Varroa destructor
Varroa destructor est un acarien parasite de l’abeille domestique. La varroose est une maladie grave de l’abeille pouvant entrainer de graves dégâts dans les ruches et ruchers et causer d’importantes pertes économiques.
En France, la varroose est une maladie à déclaration obligatoire.
AUTRES PARASITES ET PREDATEURS
De nombreux prédateurs et ravageurs peuvent faire des dégâts importants dans les colonies et les ruches, affaiblissant les colonies et diminuant leur productivité. Le frelon asiatique, Vespa velutina, en est exemple, importé à la faveur d’achat de matériel en Chine. Les échanges et achats d’abeilles entre pays, entre continents sont des dangers potentiels pour les abeilles.
LES FAUSSES TEIGNES
Galleria mellonella et Achroea grisella (Lepidoptères) également appelés respectivement grande fausse teigne et petite fausse teigne sont responsables de dégâts importants dans les ruches et notamment dans les cires.
Tropilaelaps clareae
Tropilaelaps clareae est un acarien hématophage parasite externe du couvain operculé d’Apis mellifera, comme Varroa destructor (OIE, 2005). C’est un parasite qui n’est pas encore sur le territoire français. Il s’étend en l’Asie. L’infestation à T. claerae est une MRC en France.
Aethina tumida
Aethina tumida ou Petit Coléoptère des ruches cause des ravages importants dans les ruches et des pertes économiques majeures (OIE, 2008). Son expansion est mondiale du fait des échanges internationaux et s’il n’est pas arrivé en Europe, beaucoup considèrent que cela n’est qu’une question de temps. L’infestation à Aethina tumida est une MRC.
Bien d’autres parasites, ravageurs et prédateurs sont des dangers pour les colonies d’abeilles.
II. LES AGENTS CHIMIQUES
LES AGENTS CHIMIQUES UTILISES DANS LA RUCHE
Traitement contre Varroa, substances chimiques utilisées « frauduleusement » comme acaricides, antibiotiques utilisés illégalement.
LES AGENTS CHIMIQUES RAPPORTES A LA RUCHE
Les pesticides, et notamment les insecticides, utilisés sur les cultures que butinent les abeilles ou bien sur celles dont elles s’abreuvent (maïs), sont un danger réel pour la colonie d’abeille. Les intoxications aiguë ou sub-létale peuvent être à l’origine de pertes importantes, mais aussi de résidus dans les produits de la ruche.
Les insecticides utilisés dans les bâtiments d’élevage ou sur les animaux d’élevage (ruminants, chevaux) sont également toxiques pour l’abeille. Par ruissellement, ils peuvent s’écouler dans des zones où les abeilles vont s’abreuver et donc potentiellement s’intoxiquer.
II. LES ELEMENTS PHYSIQUES ET CLIMATIQUES
Le climat est un élément majeur de la santé de l’abeille. La pluie, le vent, l’humidité mais aussi la sécheresse sont des dangers pour la colonie. Entrainant le confinement des abeilles voire la famine, ces facteurs favorisent le développement de nombreuses maladies (loques, nosémose, viroses).
Afin de lutter contre ces risques, l’apiculteur devra mettre en œuvre des bonnes pratiques apicoles.
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